Communiqué du syndicat départemental SUD-santé 94
« On commence par céder sur les mots et on finit par céder sur les choses »
(Sigmund Freud)
Nous avons été informés par voie de presse et alertés par un communiqué de nos camarades du Syndicat National des Journalistes (SNJ) d’une « affaire » particulièrement inquiétante :
L’Est Républicain, quotidien régional dont le siège est à Nancy, a refusé la publication d’une annonce commémorant la mort, il y a 40 ans, d’un ancien déporté. L’annonce proposée au journal par sa famille fait référence à sa rencontre avec la « barbarie nazie », dont il fut une des très nombreuses victimes. Arguant d’un code de déontologie et rappelant (néanmoins !) sa sensibilité envers les personnes ayant souffert des « outrances » de la dernière guerre, le directeur de la publicité a proposé à la famille des reformulations évoquant « le traumatisme des camps de concentration » tout en gommant soigneusement la référence à la « barbarie nazie » afin d’éviter toute « allusion politique ou idéologique » qui ne saurait avoir sa place dans cette rubrique nécrologique… position confirmée par le Vice-Président Directeur Général du groupe de presse. La question est de savoir ce qui se cache derrière ce paravent déontologique et qui pousse un journal « républicain » à ainsi nier, par le biais d’un camouflage sémantique, des faits avérés et reconnus par tous. Nos livres d’histoire, nos plaques commémoratives font état de cette « barbarie nazie », expression consacrée pour honorer la mémoire des millions d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés au nom de l’idéologie national-socialiste sous le régime nazi. Faut-il rappeler que ces crimes ont été qualifiés de crimes contre l’humanité ? Nos camarades du SNJ, majoritaires au sein de l’Est Républicain, ont sévèrement condamné ce refus de publication qui porte atteinte à la rédaction et à la réputation du journal autant qu’à la mémoire de toutes les victimes et de leurs familles. Cette démarche les honore. S’il est dans l’air de temps d’avoir recours à des euphémismes pour qualifier des réalités des plus abruptes, la presse démocratique ne peut se laisser aller à de telles dérives qui conduisent à réécrirel’histoire. Avec le SNJ, le Syndicat Départemental Sud-santé 94 demande à la direction du journal de publier l’annonce sans modification et d’apporter des éclairages sur son refus qui a aujourd’hui largement dépassé le cadre privé. Parce que commencer par céder sur les mots c’est prendre le risque de céder sur les choses, nous invitons nos militants à intervenir auprès du journal en écrivant à : direction.generale@estrepublicain.fr, direction.redaction@estrepublicain.fr, à transmettre vos courriels au SD 94 : esquirol@sudsante94.com et à diffuser largement cet appel. Un blog est mis à disposition pour vous permettre de prendre connaissance des nombreuses protestations déjà parvenues au journal et à la famille et de vous tenir informés des suites données à cette préoccupante affaire : http://volson.over-blog.com Saint-Maurice, le 3 octobre 2006 Contact : Pascal Piezanowski : 06 99 08 42 45 Andrés Irureta Goyena : 06 78 09 21 69 e-mail esquirol@sudsante94.com site : www.sudsante94.com