Nelly Derabours, une citoyenne indignée
| Mesdames, Messieurs de la rédaction,
J'ai été destinataire d'un envoi comportant l'annonce de "l'anniversaire de décès" de M. Fred Wolfson adressée à - et refusée par - votre journal, ainsi que votre réponse argumentée (JH/BR-06/8312). Ce refus de publication jette un sérieux discrédit sur la déontologie dont vous arguez pour le justifier. La jeune femme que je suis, formée à l'école de La barbarie déployée sous le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale à l'encontre de millions d'hommes, de femmes et d’enfants, juifs et non juifs, est un fait avéré, que seuls les négationnistes et autres révisionnistes mettent en doute aujourd'hui. Le choix de vos termes est particulièrement troublant : Vous compatissez avec ceux qui ont subi "les outrances" de la dernière guerre. Ainsi l'extermination froidement planifiée et méthodique de millions d'êtres humains se réduit-elle, à vous lire, à des actes ayant pour caractéristique d'avoir "passé les bornes" (Petit Larousse Illustré. 1993). Ce glissement sémantique constitue une insulte à l'humanité toute entière. Vous proposez aux fils et aux proches d'un homme "mort pour Cela me laisserait sans voix si mon humanisme et ma citoyenneté ne me rappelaient pas au devoir de mémoire... Je vous renvoie à la définition d'un traumatisme : "évènement qui, pour un sujet, a une forte portée émotionnelle et qui entraîne des troubles psychiques ou somatiques par suite de son incapacité à y répondre adéquatement sur le champ". La lecture de cette définition se passe de commentaires quant à son inadaptation à l'horreur de la réalité de l'idéologie et de la politique national-socialiste. N'osant mettre en cause les valeurs et la probité de votre rédaction, je ne doute pas que vous reconnaitrez votre "maladresse" et que vous reviendrez sur votre refus de publier cette annonce. Dans cet espoir, je vous prie d'agréer, mesdames, Messieurs, mes salutations. Nelly Derabours Paris Samedi, le 16 septembre 2006.
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