Réaction de Mme frontini enseignante
Monsieur le Directeur,
Je me joins à Alain Vaissermann pour m'indigner de votre refus de publication dans la chronique nécrologique de votre périodique.
C'est avec une certaine stupéfaction que j'ai appris le refus de publication, par votre journal, dans sa rubrique nécrologique, d'un avis de faire-part émanant des fils de Fred Wolfsohn dit Volson dont je vous rappelle ci-dessous le texte :
« Il y a 40 ans, le 11 septembre 1966, disparaissait à la fleur de l'âge, Fred Wolfsohn dit “ Volson”, des suites d'une mauvaise rencontre avec la barbarie nazie. Un de vos collaborateurs a cru bon de devoir refuser cette formulation : « des suites d’une mauvaise rencontre avec la barbarie nazie » et d'en proposer d'autres : … suite aux traumatismes des camps de concentration, … victime du traumatisme des camps de concentration, … victime de ce qu’il a subi en camps de concentration. Il vous est sans doute apparent que ces diverses formules tendent à évacuer la référence à ce que les auteurs appellent "la barbarie nazie".
Ses fils, Patrick, Joël, Eric, sa soeur Paulette Slenzinski, et son ami de toujours, Marcel Chagnac vous demandent une pensée pour lui. »
Les raisons qui président à cette suggestion de changement de formule et au refus de publication ne me sont pas tout à fait claires, surtout concernant, non un article mais un avis destiné à la rubrique nécrologique de votre journal. Aussi vous serais-je reconnaissant de bien vouloir fournir les explications susceptibles de dissiper, au plus vite ce qui n'est, sans aucun doute, qu'un malentendu et de publier cet avis de faire-part assorti, bien évidemment, par devoir de mémoire, d'une formule expliquant son retard. Je crois pouvoir compter sur vous que je ne peux imaginer que sensible à l' hommage posthume que ses enfants ont voulu rendre à leur père, bel et bien victime, hélas, comme bien d'autres des suites d' une mauvaise rencontre avec la barbarie nazie, ce qu'aucune négation ne saurait effacer. Veuillez accepter, monsieur le directeur, l'expression de mes salutations distinguées. Marie-Dominique Frontin
Enseignante