"Ras l'front" de Nancy

Publié le par Joël F. Volson

A M. Gérard Lignac, 

 

Président directeur général

 

de L’Est républicain

 

 

du Comité antifasciste et antiraciste (Nancy)

 

 

mercredi 17 octobre 2006

 

 

Monsieur,

 

 

Au nom du réseau de lutte contre l’extrême droite Ras l’front qu’il représente à Nancy, le CAFAR (Comité antifasciste et antiraciste) tient par la présente à vous interpeller. Dans le même esprit de vigilance dont nous avait loué M. Jean-Pierre Lanskin lorsque nous nous étions émus naguère de la publication d’une lettre de lecteur intitulée « La facture sociale », notre comité veut vous dire publiquement son inquiétude devant la justification qui a été donnée par votre directeur de la publicité, M. Hommel, de son refus de publication opposé à la famille de Fred Volson.

 

 

 

M. Hommel tient pour « allusion politique ou idéologique » une phrase qui fait référence à la barbarie nazie. Celle-ci est un fait qui ne souffre plus contestation ni atténuation. L’idéologie, ici, consiste à regarder comme une prise de position ce qui est pur rappel à l’Histoire. La politique, ensuite, consiste en un refus de publier qui se fonde sur une idéologie exprimée dans la phrase suivante, toujours sous la plume de M. Hommel : « Nous sommes bien évidemment sensibles aux souffrances endurées par toutes les personnes qui ont subi les outrances de la dernière guerre ».

 

 

 

Cette phrase veut réécrire le passé. Sous le vocable « outrances » sont conf ondues, d’une part les occupations, exactions et massacres perpétrés par les nazis ou leurs complices et, d’autre part, les actions militaires de résistance et de libération que leur ont opposées populations et forces armées alliées. Même outrance, celle que subissent le maquisard fusillé et le milicien à son tour fusillé ? Même outrance, celle que subissent les Juifs raflés puis exterminés d’un bout à l’autre de l’Europe et les SS enfin cernés puis exécutés par les FFI ? Même outrance, celle de Fabien tuant un officier allemand au métro Barbès et celle de la Gestapo traquant les otages ?

 

 

Vous comprendrez, M. le président directeur général, qu’en l’absence d’un désaveu opposé à votre directeur de la publicité, nombre de vos lecteurs s’inquiètent légitimement d’une dérive qu’aggrave la position de monopole occupée localement par L’Est républicain face à un public qui n’a pas toujours la ressource des blogs sur Internet ni d’autres vecteurs médiatiques.

 

 

 

Pour le CAFAR, Christian Poirson

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article